Les enjeux territoriaux de la Côte d'Azur

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Qu’est-ce que la concentration littorale ?

2. Qu’est-ce que la concentration littorale ?

 

2.1.. Une première définition


La concentration littorale correspond à un regroupement important des hommes et des activités sur une bande plus ou moins fine du territoire attenante à l’espace marin. Ce processus se nomme aussi « littoralisation ».

C’est un phénomène qui s’observe à toutes les échelles spatiales (de l’échelle mondiale à l’échelle locale) mais de manière différenciée : certains littoraux subissent moins de pressions humaines que d’autres. C’est le cas notamment du Canada où d’importantes portions du littoral sont inoccupées ou, à l’inverse, du territoire côtier des Philippines ou de l’Indonésie sur lesquels on observe des densités records de populations.

 

2.2. Un phénomène ancien


Sur les rives de la Méditerranée, le phénomène de concentration littorale est très ancien. Dès l’Antiquité, les Romains et les Grecs peuplaient les littoraux et les ports, notamment en raison des échanges commerciaux et des conquêtes territoriales menées près des côtes, espaces convoités puisqu’en contact direct avec la mer.

Dans un deuxième temps, il y eu un repli montagnard durant le Moyen Age. Les populations cherchent alors à se protéger et se perchent donc en altitude pour pouvoir anticiper une invasion éventuelle. Beaucoup d’espaces littoraux délaissés sont à l’époque des lieux de marécages souvent insalubres et peuplés seulement de moustiques.

Puis, au début du XXème siècle, un double processus rend au littoral son attractivité : l’héliotropisme (c’est-à-dire l’attraction territoriale des lieux ensoleillés) et l’exode rural. Le premier est un phénomène qui a tendance à se renforcer de plus en plus, le deuxième est achevé depuis quelques dizaines d’années. Aujourd’hui il tend même à s’inverser.


2.3. Urbanisation et littoralisation


En conséquence, l’urbanisation et la littoralisation sont deux processus liés, qui se renforcent l’un et l’autre : plus l’attractivité du littoral est forte, et plus les activités et les hommes se concentrent au sein des espaces côtiers. Plus les hommes sont nombreux sur ces bandes étroites du territoire, et plus ces lieux sont convoités et attirent.



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Figure 1 : La coévolution des processus d’urbanisation et de littoralisation

(Source : Voiron-Canicio, 1992)



Actuellement, les deux tiers de la population mondiale vivent à moins de 100 km des côtes (Larousse, 2011) et l’on estime qu’en 2025, 75% des hommes vivront à moins de 60 km du littoral (UNESCO, 2012). En France, 10% de la population réside ainsi sur les littoraux c'est-à-dire sur 4% de la surface du territoire (INSEE, 2009). C’est dire les pressions importantes et les enjeux présents puisque l’attraction touristique est capable de multiplier jusqu’à 6 les populations sur un territoire littoral. C’est le cas notamment en Corse où l’on ne dénombre pas moins de 2 millions de touristes durant la période estivale alors que l’île compte en 2008 à peine plus de 300 000 habitants (chiffres INSEE). Sur la Côte d’Azur, l’accumulation des populations sur le littoral est très forte, et forme un linéaire d’habitats imbriqués avec des activités balnéaires (plages, ports, commerces), des infrastructures de communication, et quelques fonctions urbaines spécifiques. A Cannes comme à Bandol, le moindre espace proche de la mer est entièrement colonisé par l’homme.

 

 


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Photographie 1 : Bandol, vue des hauteurs

(Source : photographie personnelle) 



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 Photographie 2 : Cannes, vue des hauteurs

(Source : photographie personnelle) 

 

2.4 A l’échelle du monde, deux facteurs principaux


Les principaux facteurs qui mènent à la concentration littorale sont au nombre de deux : l’industrialisation et l’essor du tourisme balnéaire.

En effet, véritables plates-formes multimodales, les ports internationaux font offices de hubs vers lesquels tout converge et à partir duquel la redistribution des biens et des marchandises à destination du monde entier s’effectue. Le processus de mondialisation renforce le besoin d’échanges entre états, et donc la position stratégique des grandes mégalopoles à proximité des océans. La figure 2 montre qu’à part de rares exceptions, les agglomérations mondiales les plus peuplées se localisent sur le littoral.

 

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Figure 2 : La littoralisation dans le monde

(Source : Gimeno et Mitrano, 2001)

 

Enfin, l’importante densification du peuplement littoral est principalement liée à l’héliotropisme et au tourisme balnéaire. Il y a deux types de stations balnéaires : les villes à tradition touristique ancienne comme Nice (tourisme russe et britannique datant du milieu du XIXème siècle), et les stations récentes entièrement construites pour accueillir un maximum de touristes. On peut citer Sète en France avec la station de la Grande Motte, mais aussi les nombreux oasis espagnols et maghrébins sortis de terre ces 20 dernières années. Même si ces complexes immobiliers ont le mérite d’aider au développement économique et territorial, et contribuent ainsi à l’apport important de devises étrangères, les nuisances engendrées par ce tourisme « industriel » et la captation de quantités gigantesques d’eau durant la période la plus sèche engendrent de grands dégâts sur l’environnement.

 

En effet, le littoral un milieu d’interface fragile qu’il est nécessaire de préserver. Mais les compromis sont difficiles entre protection environnementale et développement économique. La GIZC voit alors le jour.