Les enjeux territoriaux de la Côte d'Azur

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La Côte d’Azur, un territoire sous l’emprise de l’étalement urbain

6. La Côte d’Azur, un territoire sous l’emprise de l’étalement urbain

 

6.1 Le littoral et l’arrière-pays unis


Selon l’IFEN, l’artificialisation des sols est trois fois supérieure dans les communes littorales que sur le reste du territoire national entre 1990 et 2000. L’IFEN ajoute que la zone comprise entre 500 et 2 000 mètres du trait de côte est particulièrement concernée par l’étalement urbain (IFEN, 2007). Des outils législatifs existent et sont mis en place, notamment la « Loi Littoral ». Cependant, certains territoires tels que les départements du Var et des Alpes-Maritimes, où les phénomènes de littoralisation et de saturation des espaces côtiers sont anciens, sont particulièrement concernés par l’étalement urbain. Par effet « mécanique » : le territoire, particulièrement attractif, ne présente plus d’espaces disponibles. Le report des hommes et des activités s’effectue alors en périphérie, de manière discontinue à cause d’une topographie accidentée dès les premiers kilomètres du trait de côte.

 

La figure  7 illustre la transformation du sous-système du proche arrière-pays sous la pression du sous-système littoral. Ces évolutions aboutissent, à terme, à des recompositions spatiales profondes. Le sous-système du littoral, particulièrement attractif et qui se singularise par la rareté des espaces encore disponibles, est en état de saturation. La boucle de rétroaction positive qui anime ce sous-ensemble engendre une diffusion urbaine dans le proche arrière-pays.



figure7

 

Figure 7 : Modélisation conceptuelle : graphe causal des relations entre les deux sous-systèmes spatiaux de la Côte d’Azur (Voiron-Canicio, 2006)

6.2. L’extension des distances dans l’espace


La distance à parcourir depuis le centre des villes régionales pour atteindre un espace peu habité s’allonge depuis 40 ans exprimant l’importance de l’étalement urbain dans la région PACA. En le fixant à 68 habitants au km² (moyenne des couronnes périurbaines de la région en 2006), on appréhende la distance à parcourir pour atteindre des espaces, certes influencés par la proximité des pôles, mais dont les aspects paysagers ont encore souvent un caractère rural. Marseille est un cas particulier, sa superficie de 240 km² influant fortement sur la distance à parcourir depuis son centre pour passer sous le seuil de densité précité. Cette distance, déjà importante en 1962 (22 km), augmente plus vite, pour s’établir à 39 km en 2006. Par comparaison, pour Paris, le seuil se situe à 46 km du centre de la ville, mais n’a progressé que de 9 km depuis 1962. Nice ou Toulon voient également ce seuil de densité fortement s’élargir dans l’espace


alllongement distance fig 8

 

Figure 8 : L’extension des densités dans l’espace (INSEE)

 6.3. Les multiples formes de l’étalement urbain


La périurbanisation observée sur ces territoires est multiforme. Elle prend des aspects différents en fonction des aménités des sites, en particulier celle de la vue sur mer. Sur l’ensemble de la Côte d’Azur, on observe l’émergence de zones de lotissements et de villas individuelles destinées aux logements des habitants de la région mais aussi aux nombreuses résidences secondaires qui occupent une place prépondérante. La figure 9 (lien vers figure 9) illustre ce mitage manifeste de l’espace. Les façades littorales, en état de saturation, comme ici à Fréjus-Saint Raphaël et Antibes, ne peuvent accueillir des bâtis supplémentaires. L’espace rétro-littoral est alors grignoté par des lotissements pavillonnaires et des logements individuels en suivant généralement les lignes de crête ainsi que les infrastructures routières. En arrière de Fréjus-Saint Raphaël, 3 directions sont privilégiées. Les espaces mités n’ont d’autres fonctions que celle de la résidence, les populations sont encore dépendantes des espaces urbains multifonctionnels : elles font le choix de s’excentrer mais échangent en permanence avec la zone littorale. Il en est de même pour l’arrière-pays d’Antibes où les villages n’offrent que les équipements de base. On observe ici deux fronts de périurbanisation qui épousent les contours de la forêt de la Valmasque, espace toujours inconstructible.


Photos fig 9

 

Figure 9 : L’étalement urbain aux périphéries des communes de la Côte d’Azur


La Côte d’Azur semble être particulièrement vulnérable à l’étalement urbain. Son attractivité conduit à un étalement effréné. Cependant, cet étalement pourrait bien finir par produire l’effet inverse. Le bétonnage progressif des espaces et les coûts induits par l’étalement urbain finiront-ils par altérer gravement l’image de la Côte d’Azur ?