Les enjeux territoriaux de la Côte d'Azur

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Etude de cas : deux incendies estivaux, caractéristiques de la Côte d’Azur

6. Etude de cas : deux incendies estivaux, caractéristiques de la Côte d’Azur

 

Les deux feux de forêt présentés sont représentatifs des phénomènes observés en France méditerranéenne à cette période de l’année, et ce à plusieurs titres : ils prennent naissance au cœur d’une végétation en état de stress hydrique intense mêlée à une occupation humaine extrêmement dense.

 

6.1 Le feu de forêt en zone mixte de résidences


Il s’agit de prendre appui ici sur l’exemple du feu de Cagnes-sur-Mer à partir des travaux de Pierre Carrega (Carrega, 2005)

 

Les événements et facteurs qui mènent au processus d’éclosion d’un feu sont donc réunis et particulièrement forts en France méditerranéenne, lors des périodes estivales, c'est-à-dire au moment où la vulnérabilité est la plus marquée. Parmi ces phénomènes, celui de « l’urbanisation anarchique » est particulièrement pointé du doigt. On observe sur la figure 7 (figure 7) que le bâti pénètre largement les zones boisées, et loge ainsi une population responsable de 9 mises à feu sur 10.

 

Le 31 août 2003, la commune de Cagnes sur Mer, située au cœur de la Côte d’Azur, connaît un incendie particulièrement grave puisqu’il ravage plusieurs maisons, entrepôts, voitures et campings. La figure 7 montre la zone d’interface entre bâti et espaces boisés où a eu lieu cette catastrophe. Cette zone se révèle particulièrement fragile : la forêt forme une véritable enveloppe autour des bâtiments et rend l’accès des secours extrêmement difficile. Il faut relever que l’aléa ainsi que la vulnérabilité sont, ce jour-là, respectivement « grave » et « très forte » (figure 8).

figure 7

 

Figure 7 : Le tissu bâti du littoral maralpin

fig8

 

Figure 8 : Éléments ayant conduit au feu de Cagnes sur Mer

Le feu se déclare à la fin de l’été, lorsque la végétation et le sol sont particulièrement déshydratés par une période d’ensoleillement intense, très longue et avec des températures élevées (figure 8). À l’intérieur du périmètre touché par les flammes, espaces boisés et résidences sont véritablement emboîtés. Par ailleurs, les pompiers doivent faire face dans la même journée à plusieurs départs de feux, les forces de secours sont donc dispersées et ont du mal à circuler à cause des embouteillages habituels en heure de pointe. Enfin, la présence de ligne à haute tension limite la possibilité de secours aériens. Le risque était donc majeur ce jour là. La mise à feu, d’origine anthropique, a conduit à une catastrophe qui a fait date dans les Alpes-Maritimes.

6.2 Le feu de forêt en zone boisée touristique


Il s’agit de prendre appui ici sur l’exemple du Département du Var, le 5 juillet 2005 :

 

Un incendie attisé par un vent très violent a parcouru 800 hectares sur les communes varoises de Puget-sur-Argens et Roquebrune-sur-Argens. À titre préventif, 5 000 campeurs ont été évacués sur le secteur. La figure 6 montre la localisation des campings sur le littoral varois. Ils se situent dans leur grande majorité à l’interface des zones urbaines et boisées. Là encore, les facteurs naturels induisent un aléa extrêmement grave lors des périodes estivales. Le Mistral s’ajoute à une sécheresse extrême des sols et de la végétation.


figure 9

 

Figure 9 : Les campings se localisent majoritairement aux marges du front urbain

(capture d’écran www.mappy.fr)


Les juilletistes et aoûtiens sont particulièrement nombreux à fréquenter les campings varois. Il n’en faut pas moins pour que l’été soit ponctué de feux de forêt tout aussi dévastateurs les uns que les autres. Un mois plus tard, jour pour jour, le 5 Août 2005, c’est dans la région de Carqueiranne et du Pradet que 170 ha ont brûlé. 700 personnes ont été évacuées.