Les enjeux territoriaux de la Côte d'Azur

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Les feux de forêts en région méditerranéenne et sur la Côte d’Azur

3. Les feux de forêts en région méditerranéenne et sur la Côte d’Azur :

 

3.1. Une localisation spécifique


En France métropolitaine, les feux de forêts touchent essentiellement les régions du sud, du sud-est et la Corse. Ils se révèlent particulièrement nombreux et intenses dans les départements qui bordent la Méditerranée, lors des périodes estivales. Ces espaces réunissent le maximum de facteurs climatiques menant à l’éclosion d’un feu, au sein d’espaces fortement fréquentés). De par leurs caractéristiques, les territoires méditerranéens sont particulièrement concernés par ce risque : les aléas menant à l’éclosion d’un incendie sont plus nombreux qu’ailleurs. En outre, la vulnérabilité de ces territoires est augmentée notamment par une occupation humaine extrêmement dense sur la bande littorale, renforcée lors des périodes estivales.

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 Figure 2 : Les départements français soumis aux feux de forêts



Figure 3 : Les conditions sont réunies en Méditerranée pour assister à l’éclosion de nombreux feux de forêt

 

 

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Les hommes comme les territoires sont inégaux face à ce risque naturel. En effet, certains espaces cumulent plusieurs facteurs d’aggravation. Le graphique de la figure 2 relève que les régions méditerranéennes françaises ont subi des dommages au moins deux fois supérieurs au reste du pays sur une période de 30 ans.

 

Graphique retouché fig 4

 

Figure 4 : Évolution des surfaces brûlées annuellement en France entre 1976 et 2009

(Ministère de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités Territoriales)

3.2 Les feux de foret dans les Alpes Maritimes

 

Le département des Alpes Maritimes est un cas très intéressant à étudier pour comprendre les feux de foret en Côte d’Azur.

 

Si l’on analyse l’évolution des feux de foret au cours des 50 dernières années (figure 5), on observe tout d’abord la quantité élevée d’incendies de forêts par an : environ 130 sur tout le département des Alpes Maritimes. A ce stade, il est fondamental de noter que 2% des départs de feu furent à l’origine de plus de 90 % de la surface incendiée. Autrement dit, 98 % des départs de feu furent stoppés avant de prendre de l’ampleur. Ce constat est à l’origine, et la conséquence, de l’application de la doctrine d’attaque massive de tout feu naissant.

 

En se centrant sur le temps, on observe une augmentation rapide du nombre de feux et des surfaces incendiées entre 1955 et 1985. La politique naissante de protection des forêts contre l’incendie ne parvient pas à maîtriser les conséquences de l’accroissement des surfaces combustibles et de la biomasse (la création de l’outil de saisie statistique Prométhée en 1973 a aussi contribué à améliorer le recensement des petits feux). A partir de 1985, les surfaces sinistrées diminuent fortement, signe d’une efficacité accrue des moyens de prévention et de lutte. La même tendance s’observe, quoique nettement moins marquée, sur le nombre de feux avec un décalage d’une décennie. La prise de conscience de la population, liée aux campagnes d’information et de répression, a pu commencer à donner des effets à partir de la décennie 1985-95.

 

Et pour comprendre cela, il faut avoir en tête le contexte d’évaluation  de ce département :

♦ La déprise agricole commencée à la fin du XIXème siècle s’est poursuivie libérant des espaces colonisés par des formations pionnières, ce qui s’est traduit par un accroissement de la biomasse combustible.

♦ À partir de la fin des années 50, l’urbanisation diffuse s’est développée en périphérie de plus en plus lointaine des villages, conduisant à un mitage des massifs forestiers, avec pour résultante une augmentation des risques et des enjeux.

♦ Les outils de la prévention et de la lutte sont montés en puissance, ce qui a permis une intervention plus rapide et plus efficace sur les feux naissants et une moindre extension des sinistres.

 

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Figure 5 : Evolution quinquennale du nombre de feux et de la surface brûlée au cours des 50 dernières années, dans les Alpes Maritimes

(Préfecture des Alpes Maritimes)

Le département des Alpes-Maritimes, contrairement au Var ou aux Bouches-du-Rhône, se caractérise ainsi par la coexistence de deux saisons à risque (figure 6) :

♦ risque estival (entre mai et octobre) sur le littoral, avec des enjeux très forts en terme de personnes et de biens exposés. Le phénomène est avant tout urbain, le nombre d’éclosions étant directement proportionnel au nombre d’habitants.

♦ risque hivernal (entre novembre et avril) sur le haut - pays et les Préalpes de Grasse, lié essentiellement à l’activité pastorale

 

A l’échelle départementale, 55 % des départs de feu ont lieu durant la période hivernale. Les communes du haut pays se rangent majoritairement dans la catégorie des feux d’hiver. Cette situation s’explique par une pluviométrie relativement bien répartie sur l’ensemble de l’année, avec une sécheresse estivale moins marquée que sur le littoral, ce qui réduit les risques en été.

La même situation s’observe dans le canton de Coursegoules, dans le moyen pays, région également bien arrosée. En hiver le déficit pluviométrique peut être important, notamment en début d’année. C’est durant cette saison qu’ont lieu les brûlages non contrôlés de végétaux sur pied à des fins d’amélioration pastorale.

Les communes du littoral, de l’ouest du département jusqu’à Nice, ont un comportement à feux d’été. A l’est, dans le Mentonnais, le risque estival n’est pas prédominant. Cette constatation peut être corrélée avec le gradient pluviométrique observé à l’échelle du département, avec une partie occidentale sous influence provençale, qui connaît une sécheresse estivale très marquée, et une partie orientale sous influence ligure plus arrosée.

Dans le moyen pays, entre mer et montagne, les communes présentent un comportement mixte avec sensiblement autant de feux en hiver qu’en été. Sur ces secteurs, souvent, la stratégie de lutte est particulièrement difficile à anticiper.

 

 

 

Figure 6 : importance relative des feux d’été et des feux d’hiver

(Préfecture des Alpes Maritimes)