Le risque "feu de forêt"

 

2. Le risque « feu de forêt »

 

2.1 Qu’est-ce qu’un risque ?


On donne souvent une définition du risque qui serait le résultat de la combinaison d’un aléa avec la vulnérabilité des personnes et des biens (Dauphiné, 2001). Soit l’équation suivante :

 

Risque = aléa * vulnérabilité

 

Un aléa correspond à la probabilité d’occurrence d’un événement. Pour le feu de forêt, l’aléa représente la mise à feu à l’origine du déploiement des flammes. Il s’agit donc d’un événement ponctuel, à la fois dans le temps et dans l’espace. La vulnérabilité exprime quant à elle, la propension plus ou marquée d’une société à supporter un événement (Carrega, 2005). Dans le cas du feu de forêt, la vulnérabilité est fortement corrélée à la manière dont les sociétés s’organisent, gèrent l’espace et se protègent face à ce risque.

 

 

2.1. La définition du feu de forêt :

 

Le dictionnaire Les mots de la Géographie décrit un feu en ces termes : « Incendie, dont les ravages modifient la végétation, les terroirs et les paysages (feux de forêt, de brousse, de savane), et parfois ruinent des villes entières. […] » (Brunet et al., 2009).

Pour les professionnels du feu, la définition recouvre une dimension plus précise. Elle prend appui sur un indicateur qualitatif : le type d’essence(s) touchée(s) par le feu, et un indicateur quantitatif : la surface de végétation brûlée. Les préfectures, en charge de la mise en œuvre des Plans de Protection Contre les Incendies de Forêts (PPCIF), en donnent la définition suivante : « Les feux de forêt sont des sinistres qui se déclarent et se propagent sur une surface minimale d’un hectare, forestière (composée principalement par des arbres et des arbustes d’âges et de densités variables) ou subforestière (formations d’arbres feuillus ou de broussailles appelées maquis ou garrigue) ».

2.3 Considère-t-on le feu de forêt comme un risque naturel ?


Le feu de forêt est un événement qui se différencie des autres risques naturels car il touche, certes, un espace naturel mais son origine est anthropique dans 90% des cas.



Camembert retouché fig1



La base de données Promethee (http://www.promethee.com/prom/home.do) existe depuis 1973 et a pour ojectif de recenser les incendies de forêts dans les 15 départements du Sud-Est français. On y trouve de nombreuses caractéristiques sur les feux  de forets, notamment les causes. Sur cette figure, l’aléa, c'est-à-dire ici la mise à feu, est 9 fois sur 10 due à la présence humaine, dont l’imprudence 55%, l’accident 8%, et la malveillance 23% (Préfecture du Var, 2010). C’est en cela que les régions méditerranéennes présentent une sensibilité plus marquée qu’ailleurs. Touchées par ce que l’on appelle le phénomène de littoralisation (la concentration des hommes et des activités sur la bande littorale) , elles démontrent des densités de population très fortes et attirent des flux touristiques importants. Le résultat de ce processus est sans appel : plus il y a d’hommes sur un territoire, plus l’aléa concernant le feu de forêt est grave.