La Géographie du Canada et de sa diversité culturelle

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1.4- Bilan des Régions du Canada

Bilan des Régions

 

Bone (2002) distingue 6 régions au sein du Canada : la Colombie-Britannique, les provinces des prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba), l’Ontario, le Québec, les provinces de l’Est (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse, Ile-du-Prince-Edouard, et Terre-Neuve et Labrador), et le nord (Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut). Les graphiques et cartes présentant la géographie physique et économique du Canada concordent plutôt bien avec l’analyse de Bone (2002), à quelques nuances près.

 

L’Ontario et le Québec ensemble forment « le centre » du pays : la domination démographique et économique se traduit aussi par une domination politique par les simples règles de représentativité. Ces provinces sont aussi les plus proches du marché américain et entretiennent des relations particulièrement privilégiés avec ce partenaire géant. Ils sont positionnés essentiellement sur le même substrat géologique, le Bouclier, dans des contextes climatiques comparables. Et ils ont tous les deux des piliers économiques diversifiés : ressources forestières et minières, activités agricoles, industries manufacturières… Ils se distinguent surtout par leurs langues et traditions culturelles, ce qui, malgré les similitudes dans les autres domaines, représentent des barrières de taille !

 

Les provinces de l’est ont connu des jours meilleurs. Anciennement, les activités minières (charbon) et de pêche représentaient les fondations de l’économie. L’épuisement des ressources minières et la mauvaise gestion de l’industrie de la pêche ont tué ces activités. Pour Terre-Neuve et Labrador, la perte de la pêche doit correspondre à un séisme profond, car cette activité n’était pas seulement financière, elle était culturelle et identitaire. Les faibles superficies des trois plus petites provinces (N-B, N-E, IPE) permettent peu d’opportunités de diversification. Comme beaucoup de régions ou de pays en perte de vitesse, ces provinces se sont tournées vers le tourisme, mais cette activité demeure partout sensible aux fluctuations de mode. La position géographique éloignée de Terre-Neuve et Labrador, l’absence de terres cultivables, et le climat rude ne facilitent pas la création d’une économie sur des bases autre que la pêche. Les combustibles fossiles assurent à la province une sécurité financière à l’échelle provinciale, mais elle contribue peu à la création d’emplois et le chômage représente un fléau moderne à cette belle province.

 

Même si le nord demeure un lieu où l’économie est fondée largement sur l’extraction de ressources minières, cette région se distingue par la jeunesse de sa population ainsi que par la forte proportion d’autochtones. Dans les décennies devant nous, c’est sûrement la région qui aura les plus grandes adaptations à assurer : réchauffement climatique, ouverture du passage du Nord-Ouest à la circulation maritime à grande échelle, bouleversements écologiques…

 

Le moyen nord est une sous-région à la limite de l’écoumène canadien. Historiquement sensible aux cycles de développement et d’effondrement des activités minières, cette région cherche une nouvelle voie dans son attrait touristique, d’une part, et dans l’extraction de ressources revalorisées par la croissance de la Chine, l’Inde, le Brésil…, d’autre part.

 

La Colombie-Britannique a toujours été séparée naturellement des autres provinces du Canada par la barre rocheuses des Cordillères. Reconnue pour la douceur de son climat, Vancouver s’est distinguée aussi par sa position géographique vis-à-vis de la Chine. Comme il sera décrit dans la deuxième grande partie de ce site, « Hongcouver » est devenu un lieu d’installation privilégié de beaucoup de chinois. Ceci a sûrement favorisé une richesse croissante et de diversification économique qui se développe après une longue période de dépendance sur l’extraction forestière. Cette province, contrairement aux provinces de l’est, est en plein essor économique et démographique.

 

Bone (2002) situe l’Alberta avec le Saskatchewan et le Manitoba dans la région de « l’ouest ». En réalité, l’Alberta, par son dynamisme économique, ressemble parfois davantage à la Colombie-Britannique qu’à ses voisins des prairies. Cependant, elle partage l’importance des activités agricoles avec le Saskatchewan et le Manitoba, ce qui la sépare clairement de la Colombie-Britannique. Ce sont surtout ses abondantes ressources de combustibles qui la rendent unique au Canada : l’extraction de pétrole des sables bitumineux place l’Alberta en première position économique, non pas en PIB, mais en équilibre budgétaire. Sa santé économique représente une force importante pour cette province assez jeune et très dynamique.