Les enjeux territoriaux de la Côte d'Azur

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Mesurer l’étalement urbain

Plusieurs types de mesures sont possibles. Elles peuvent prendre appui sur l’une ou l’autre des composantes urbaines : la population, le bâti, etc. et mobilisent différents outils. Par ailleurs, il est non seulement possible de mesurer a posteriori l’étalement urbain, mais aussi de pouvoir bâtir des scenarii de diffusion du futur tissu urbain.

5.1 Les méthodes: plusieurs angles possibles

 

Premièrement, les mesures ayant une approche morphologique peuvent être centrées sur le bâti. Dans ce cas, l’avancée du front urbain est appréhendée par analyse d’images ou par calculs réalisés à l’aide de la géométrie fractale. La figure 5 présente un exemple de traitement possible réalisé sur la ville de Nice. L’analyse d’image révèle le nombre de bâtiments construits entre 1999 et 2007, ainsi que leur localisation. On constate sur la troisième image que les bâtiments gagnés entre les deux dates se situent aux marges de la commune.

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 Figure 5 : Mesure de l’étalement urbain par analyse d’images


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Encart 2 : La méthodologie de l’analyse d’images


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Encart 3 : La méthodologie de la géométrie fractale


Deuxièmement, l’évaluation de l’étalement urbain peut être centrée sur l’occupation du sol (lien vers figure 6). Une comparaison des surfaces artificialisées entre deux dates est effectuée sur une base de données d’occupation du sol. Ces bases de données peuvent apparaître sous forme de tableaux de chiffres, ou bien sont spatialisées : des couches d’informations géoréférencées sous Systèmes d’Informations Géographiques. Parmi ces bases, celle de Corine Land Cover fait véritablement référence.

On voit ici (lien vers figure 6) que, dans les départements des Alpes-Maritimes et du Var, les transformations de l’usage des sols s’effectuent presque toujours au bénéfice des territoires artificialisés. À titre de comparaison, dans le département des Pyrénées-Atlantiques (département littoral aussi), on observe une déprise des territoires artificiels, et ce au cours des deux périodes considérées.

Il est enfin à noter que l’artificialisation des espaces ne se fait pas de la même manière suivant leurs caractères intrinsèques et extrinsèques. Parmi les critères qui entrent en jeu, on peut relever : l’altitude de la parcelle, sa valeur foncière ainsi que sa région d’appartenance, les fluctuations du marché foncier, les fonctions présentes dans la région, la saturation des espaces contigus et le type d’usage du sol originel. À ce propos, lors des mises en concurrence entre les différents usages, ce sont souvent les espaces agricoles qui mutent et qui s’artificialisent, car ils peuvent être classés en zone constructibles très vite à l’inverse des espaces naturels.

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Figure 6 : Evolution de l’occupation du sol entre 1990 et 2006 dans 3 départements français


En outre, des mesures centrées sur les déplacements et sur les progressions de migrations pendulaires, ainsi que celles sur l’évolution de la population en communes périphériques sont développées par l’INSEE. Il s’agit de comparaisons effectuées entre deux périodes intercensitaires. Les indicateurs mobilisés sont révélateurs du processus de l’étalement urbain.


5.2 Prédire les lieux de l’étalement urbain


L’analyse spatiale par analyse d’images permet aussi de prédire les lieux de propagation du bâti à partir d’algorithmes de morphologie mathématique. Les simulations de l’extension du bâti prennent appui sur une analyse rétrospective. On observe en premier lieu la manière dont le tissu bâti s’est diffusé durant les trente dernières années. Plusieurs modalités sont identifiées : la diffusion en tâche d’huile, l’essaimage à proximité du bâti existant et enfin la création d’habitat au sein de zones non urbanisées. La modalité dominante est alors retenue au cours des simulations engagées.

Les deux algorithmes utilisés ont alors pour objet de déceler les noyaux d’urbanisation principaux et de donner  l’orientation du futur tissu bâti selon deux scenarii de croissance.

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Encart 4 : Le traitement d’images par opérateurs de morphologie mathématique :




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Figure 7 : Simulation de l’extension du bâti entre 1990 et 2010 (Voiron-Canicio, 2007)

La figure 7 présente les simulations effectuées sur le littoral languedocien selon deux taux de croissance du bâti : 0,03 et 0,06 qui correspondent respectivement à un doublement et un triplement de la surface bâtie. En effet, selon les volontés politiques de limitation de l’étalement urbain et en prenant en compte les préconisations issues des documents d’urbanisme obligatoires, il est possible de procéder à l’élaboration de plusieurs modèles et de révéler la future configuration du tissu bâti.